« 100 millions, 3 scénarios : combien paient vraiment les ultra-riches ? »
On entend souvent dire que les plus riches « contribuent comme tout le monde ».
En réalité, la fiscalité dépend énormément de la manière dont leur patrimoine est structuré.
Pour le comprendre, prenons un cas simple : un capital de 100 millions d’euros en actions qui rapporte 10 millions de dividendes par an.
👉 Selon que ce capital est détenu en direct, via une holding, ou soumis à un impôt sur le patrimoine, le montant d’impôt payé peut varier… du simple au centuple.
💰 Comment les ultra-riches échappent (presque) à l’impôt : trois cas concrets
Prenons un exemple simple et parlant :
👉 un capital de 100 millions d’euros en actions, qui rapporte 10 millions de dividendes par an.
Selon la façon dont ce capital est détenu, la fiscalité peut varier… du tout au tout.
🔹 Cas 1 – Le particulier en direct
Si les actions sont détenues en nom propre :
- Dividendes perçus : 10 M€
- Impôt (PFU 30 %) : 3 M€
- Net restant : 7 M€
👉 Le particulier « normal » paie donc 30 % de ses revenus en impôts.
🔹 Cas 2 – La holding avec compte courant d’associé (CCA)
Si le même patrimoine est logé dans une holding :
- Les dividendes remontent sous régime mère-fille : 95 % exonérés
- L’impôt payé par la holding est quasi nul (0,25 M€ au maximum).
- Ensuite, la holding peut rembourser à l’actionnaire son compte courant d’associé → ce remboursement n’est pas fiscalisé.
- Net restant : quasiment 10 M€.
👉 En clair, l’actionnaire peut toucher presque tout sans impôt.
🔹 Cas 3 – Un impôt sur le patrimoine
Imaginons qu’au lieu de taxer les revenus, on taxe directement la fortune de 100 M€.
- Objectif : que l’État récupère autant que dans le cas du PFU.
- Calcul : 3 M€ / 100 M€ = 3 %.
👉 Un impôt annuel de 3 % sur le capital produirait la même recette que le PFU à 30 % sur les dividendes.
📊 Tableau comparatif
| Cas | Impôt payé | Net en poche | Taux réel |
|---|---|---|---|
| Particulier (PFU 30 %) | 3 M€ | 7 M€ | 30 % des revenus |
| Holding + CCA | ~0 M€ | ~10 M€ | quasi 0 % |
| Impôt sur patrimoine (3 %) | 3 M€ | 7 M€ | 3 % du capital |
🎯 Conclusion
- En direct, le particulier paie plein pot : 30 % d’impôt sur ses dividendes.
- Avec une holding, l’ultra-riche peut neutraliser la fiscalité et garder presque tout.
- Avec un impôt sur le patrimoine, on remet tout le monde au même niveau : 3 % sur la fortune produirait autant que 30 % sur les dividendes.
👉 C’est exactement pour ça que de nombreux économistes plaident pour une taxation du capital, car sinon, les ultra-riches passent toujours par la case holding pour alléger leur impôt… légalement.
Même capital, mêmes dividendes… mais trois fiscalités radicalement différentes :
- Le particulier paie plein pot.
- L’ultra-riche avec une holding contourne presque tout.
- Un impôt sur le patrimoine de 3 % rétablirait l’équilibre.
👉 Ce n’est donc pas une question de moyens, mais de règles du jeu.
Tant que la loi permet aux plus fortunés de loger leurs fortunes dans des holdings pour neutraliser l’impôt, ce sont les autres qui compensent.
En clair : le problème n’est pas que les riches existent, mais que leur impôt s’évapore.















