Pas d’enfer pour Bibi
Il existe une singularité méconnue du judaïsme. Contrairement à l’image que beaucoup se font des religions monothéistes, il n’y a pas, dans la tradition juive classique, d’enfer éternel comparable à celui décrit dans certaines traditions chrétiennes ou musulmanes. Le Gehinnom est avant tout un lieu de purification, limité dans le temps pour la grande majorité des âmes.
Une idée troublante me vient alors à l’esprit. Si cette conception est juste, alors même les plus puissants de ce monde n’auraient pas à redouter une condamnation éternelle. Pas même Benjamin Netanyahou.
Le jugement des hommes
Les croyants aiment penser que la justice divine finira par réparer les injustices des hommes. Que ceux qui échappent aux tribunaux terrestres répondront un jour de leurs actes devant une justice supérieure.
Mais que devient cette consolation lorsque cette justice n’est plus synonyme de châtiment éternel ? Lorsque la faute la plus grave n’appelle, au fond, qu’une purification temporaire ?
Cette question dépasse la religion. Elle nous renvoie à notre propre responsabilité collective.
L’histoire avant le ciel
Depuis des décennies, le conflit israélo-palestinien accumule les morts, les destructions et les traumatismes. Chaque camp invoque ses souffrances passées pour justifier ses actes présents. Les responsabilités sont débattues, contestées, parfois instrumentalisées.
Mais une chose est certaine : les victimes, elles, ne reviendront pas.
Si un responsable politique devait un jour répondre de ses décisions, ce ne serait pas d’abord devant un hypothétique tribunal céleste. Ce serait devant les hommes, devant le droit international, devant l’histoire.
Il n’y a pas de raccourci spirituel
Croire qu’une justice divine réglera un jour tous les comptes peut parfois conduire à oublier une évidence : la justice humaine est la seule dont nous disposions réellement.
Quelles que soient les convictions religieuses de chacun, aucune croyance ne dispense les dirigeants de rendre des comptes lorsque leurs décisions provoquent des souffrances massives.
L’absence d’un enfer éternel n’est donc pas une excuse. Elle est peut-être, au contraire, un rappel que la responsabilité des hommes ne peut être déléguée au ciel.
Conclusion
Pas d’enfer pour Bibi ?
Peut-être.
Mais la véritable question n’est pas celle de l’au-delà.
Elle est de savoir si notre monde est encore capable de demander des comptes à ceux qui disposent du pouvoir de faire la guerre, de prolonger les conflits ou de décider du destin de millions d’êtres humains.
Car si la justice terrestre renonce, il ne restera plus que les livres d’histoire pour prononcer leur verdict.















