L’acétamipride (loi Duplomb)

L’acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, utilisé principalement en agriculture pour lutter contre les pucerons, aleurodes (mouches blanches), thrips et autres insectes suceurs.

Voici l’essentiel :

Sommaire

1. Mode d’action

  • C’est un neurotoxique qui agit sur les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine des insectes.
  • Il provoque la paralysie et la mort en perturbant le système nerveux.
  • Il est systémique, ce qui signifie qu’il est absorbé par la plante (feuilles, tiges) et atteint les insectes qui se nourrissent de sa sève.

2. Utilisation

  • Autorisé sur diverses cultures : légumes, fruits (pommiers, poiriers), céréales, et plantes ornementales.
  • Souvent utilisé en traitement foliaire ou en arrosage (pour un effet systémique).
  • Commercialisé sous différents noms, souvent en mélange avec d’autres molécules.

3. Réglementation

  • Contrairement à d’autres néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine, thiaméthoxame), l’acétamipride reste autorisé en Europe car il est considéré comme moins persistant et moins toxique pour les abeilles.
  • Toutefois, des ONG et chercheurs soulignent qu’il présente toujours un risque pour les pollinisateurs, en particulier sous forme sublétale (désorientation, baisse de reproduction).
  • Son usage est donc restreint et surveillé.

4. Toxicité pour l’homme et l’environnement

  • Toxicité faible à modérée pour les mammifères (la dose létale orale est assez élevée).
  • Il se dégrade relativement vite dans l’environnement (demi-vie de quelques jours à semaines selon conditions).
  • Potentiel de bioaccumulation faible, mais risques pour les organismes aquatiques existent.
  • Certains scientifiques craignent des effets chroniques à faible dose, comme avec d’autres néonicotinoïdes.

Les données chiffrées précises (toxicité, demi-vie, résidus)

Voici les données chiffrées précises sur l’acétamipride, avec sources :


🧪 1. Toxicité aiguë

  • Chez les abeilles domestiques (Apis mellifera) : DL₅₀ orale ≈ 7,1 µg/abeille (intervalle 4,57–11,2 µg) aglaw.psu.edu+11Wikipédia+11Wikipédia+11.
  • Chez les humains : deux intoxications aiguës (tentatives de suicide) ont entraîné nausées, convulsions, hypothermie (33,7–34,3 °C) après ingestion importante Wikipédia.
  • Mammifères (rat, oral) : catégorie de toxicité aiguë II, dose létale pas précisée mais considérée faible (faible toxicité aiguë) Wikipédia.

⏳ 2. Demi‑vie (DT₅₀) en environnement

MilieuDT₅₀ estiméeSource
Sol aérobie (25 °C)1–8,2 jours (moyenne ~8,2 j)études US/EU aglaw.psu.eduWikipédia+2FAOHome+2US EPA+2US EPA
Sol (field)< 18 joursdissipation US EPA
Eau de surface (photolyse)≈ 34 jours (pH 7, 25 °C au soleil)US EPAaglaw.psu.edu
Eau & sédiment (anaérobie)477–585 jourssédiment aqueux anaérobie aglaw.psu.edu
Sol (selon étude Égypte)31–450 joursrisque chronique évoqué zumj.journals.ekb.eg
Eau (selon Fasnabi 2012)5–25 joursforte solubilité 4 250 mg/L ScienceDirect

📊 3. Résidus dans les cultures & milieux

  • Métabolites en plantes :
  • Résidus en eau de surface (Bénin, coton) : 0,2 à 7,7 µg/L (0,0002–0,0077 mg/L) Wikipédia.

🐟 4. Toxicité pour les organismes aquatiques

  • Moule d’eau douce (Unio terminalis) :
    • CL₅₀ (dose létale médiane) = 33,52 mg/L Wikipédia.
  • Poisson-zèbre (embryons) :
    • Effets sublétaux à très faibles concentrations ; DL₅₀ ≈ 263 mg/L Wikipédia.

📌 5. Solubilité & mobilité

  • Solubilité dans l’eau (25 °C) : ~ 4 250 mg/L = 4,25 g/L ScienceDirect.
  • Mobilité : Koc modéré (132–267 mL/g) ; potentiel de lixiviation, présence fréquente dans eaux de surface et nappes US EPA.

✅ 6. Résumé synthétique

  • Faible persistance dans les sols agricoles (DT₅₀ de 1 à 18 j), mais dégradation lente en conditions anaérobies (jusqu’à ~ 500 j en sédiment).
  • Soluble et mobile, ce qui favorise sa dispersion dans l’environnement.
  • Résidus mesurés : jusqu’à 0,69 mg/kg dans certaines cultures et jusqu’à ~8 µg/L dans les eaux de surface, dépassant parfois les seuils écotoxiques.
  • Toxicité aiguë modérée chez les abeilles, bien plus faible que d’autres néonics, mais des effets sublétaux sont observés.
  • Écotoxicité pour mollusques (= 33,5 mg/L) ; effets sublétaux signalés pour poissons-zèbres à plusieurs dizaines de mg/L.
  • Effets mammifères : faible toxicité aiguë, mais des études chroniques (rats, cellules humaines) montrent stress oxydatif, dommages (foie, reins), effets épigénétiques et possibles perturbations endocriniennes.

📚 Sources principales

  • Études de demi‑vie toxicité & environnement : EPA 2002/2017, JMPR 2005 WikipédiaFAOHome
  • Solubilité et DT₅₀ eau : Fasnabi (2012) via Sciencedirect ScienceDirect
  • Toxicité abeilles & humaine : Wikipedia + études cliniques Wikipédia

Peut on remplacer l’acétamipride

Oui, on peut remplacer l’acétamipride, mais le choix du substitut dépend :

  • de la culture (fruits, légumes, céréales),
  • des ravageurs ciblés (pucerons, thrips, aleurodes),
  • et du fait qu’on veuille rester dans le conventionnel, le biocontrôle, ou un mixte des deux.

1. Alternatives chimiques (encore autorisées en Europe)

Pour ceux qui veulent rester dans une logique “chimique”, on trouve :

  • Flonicamide : anti-puceron systémique, moins toxique pour les abeilles.
  • Spirotétam (Movento®) : agit par ingestion sur pucerons, cochenilles.
  • Pymétrozine : spécifique des pucerons et aleurodes, faible toxicité pour les pollinisateurs.
  • Sulfoxaflor (famille des sulfoximines) : autorisé mais très controversé (effets sublétaux sur abeilles).

➡️ Ces produits restent des insecticides de synthèse, avec des risques écotoxiques (mais souvent inférieurs aux néonicotinoïdes classiques).


2. Alternatives de biocontrôle (zéro ou faible résidu)

  • Prédateurs naturels (auxiliaires) :
    • Coccinelles (Harmonia axyridis, Adalia bipunctata) pour pucerons.
    • Chrysopes (larves “lionnes des pucerons”).
    • Aphidius (guêpes parasitoïdes).
  • Produits à base de micro-organismes :
    • Beauveria bassiana (champignon entomopathogène, contre aleurodes et thrips).
    • Bacillus thuringiensis (Bt) pour certaines larves.
  • Huiles et savons : huiles paraffiniques ou de colza, savons insecticides (contact).
  • Kaolin (argile blanche) : barrière physique sur feuilles, contre insectes piqueurs-suceurs.

3. Méthodes culturales et intégrées

  • Filets anti-insectes (serres, tunnels).
  • Rotation des cultures pour casser les cycles des ravageurs.
  • Choix de variétés tolérantes ou résistantes.
  • Surveillance régulière et traitements localisés plutôt que systématiques.

Et en pratique ?

  • Dans beaucoup de filières (pommes, légumes), on passe vers un système mixte :
    • Biocontrôle + un insecticide “soft” (type flonicamide) en cas de forte pression.
    • Cela permet de réduire de 70–90 % les résidus.

Plan de sortie de l’acétamipride

Voici un guide complet + plan de sortie de l’acétamipride, avec un tableau comparatif des alternatives et un itinéraire progressif pour s’en affranchir :


🧩 Tableau comparatif des alternatives à l’acétamipride

AlternativeModeCibles principalesToxicité abeilles¹EfficacitéNotes clés
FlonicamideFoliaire systémiquePuceronsFaible (ERT court) academic.oup.com+3PMC+3Nature+3OSU Extension ServiceBonne, anti‑appétitAntifeedant, réinfection faible
SpirotetramatSystémique / goutte drenchPucerons, aleurodes, thripsTrès faible (non toxique adultes) OSU Extension ServiceNatureEfficace à ~100 % sur pucerons de pomme NatureIGR, bonnes conditions IPM
PymétrozineFoliairePucerons, aleurodesFaible (ERT < 2h) edepot.wur.nlMort ~70 % (variable)Risque faible résistance
Flupyradifurone / CyantraniliproleSystémique drench/sprayPucerons, aleurodes, thripsModérée, mais meilleures que néonics greenprofit.comASHSComparable à néonicsTemps de latence + idéal en rotation
SulfoxaflorSystémiquePucerons, cochenillesModérée (ERT ~2 jours) OSU Extension ServiceBonneControversé mais autorisé

¹ERT = “Restricted Entry Time”, temps après lequel les abeilles peuvent revenir.


🧭 Stratégie de sortie de l’acétamipride

  1. Diagnostic & suivi
    • Surveiller les populations d’insectes (pièges, observation).
    • Fixer un seuil d’intervention (seuil économique ou agronomique).
  2. Mise en place de biocontrôle
    • Lâcher auxiliaires : coccinelles, chrysopes, guêpes parasitoïdes (Aphidius, Encarsia…).
    • Utiliser micro-organismes : Beauveria bassiana, Metarhizium ou huiles.
  3. Rotation avec insecticides “soft”
    • Prioriser alternatives chimiques à faible écotoxicité :
      • Spirotetramat en application localisée ou drench
      • Flonicamide en situations de low‑pressure
      • Pymétrozine en mélange ou rotation
      • Flupyradifurone ou cyantraniliprole en cas de pression forte
  4. Techniques culturales & barrières
    • Filets anti‑insectes, filets, voiles protecteurs
    • Choix de variétés tolérantes, rotations, destruction de résidus
  5. Pilotage IPM
    • Alterner chimique/biologique pour limiter résistances, respecter ERT et éviter croisements toxiques
    • Garder l’acétamipride à disposition pour situations exceptionnelles, avec dosage strict et application ciblée

📌 Exemple de plan pour une culture maraîchère (tomate ou salade)

Année 1 :

  • Début : lâcher auxiliaires dès repérage pucerons
  • Traitement 1 : Spirotetramat drench + suivi après 2 semaines
  • Si besoin, spray Flupyradifurone

Année 2 :

  • Combiner filets + Flonicamide de démarrage
  • Utiliser plus tard Pymétrozine si pression

Année 3+ :

  • Biocontrôle seul ou alternance Spirotetramat/flupyradifurone
  • L’acétamipride ne reste qu’en dernier recours, fortement restreint

✅ Pourquoi ça fonctionne


📚 Sources principales


En France quelles cultures utilise l’acétamipride

En France, l’acétamipride était interdit depuis le 1er septembre 2018 dans les usages agricoles, sauf dérogations ponctuelles (noisette, figuier, navet) jusqu’en 2020. Il a été réintroduit en juillet 2025 via la « loi Duplomb » pour répondre à des besoins spécifiques. Coordination Rurale (CR)+10Wikipédia+10Public Sénat+10


🌱 Cultures concernées aujourd’hui en France

1. Betterave sucrière

  • Considérée comme la principale filière nécessiteuse : elle souffre de la jaunisse virale transmise par le puceron vert.
  • Les planteurs français dénoncent une concurrence déloyale avec l’Allemagne, où l’acétamipride reste autorisé depuis 2020. Coordination Rurale (CR)+3Terre-Net+3Wikipédia+3

2. Noisette

  • Déjà visée par une dérogation temporaire jusqu’en 2020, étendue par la loi Duplomb au moins jusqu’en 2033. WikipédiaPublic Sénat

3. Figuier

  • Couvert par la dérogation de 2018/2020, renouvelée dans le cadre de la réintroduction. Wikipédia

4. Navet et Brassicacées apparentées

5. Cerisiers (mouche de la cerise)


🧭 Statut réglementaire actuel

  • Lois et dérogations
    • Interdiction initiale en 2018.
    • Dérogations jusqu’en 2020 pour noisette, figuier, navet.
    • Loi Duplomb (8 juillet 2025) : réintroduction dérogatoire, notamment en betterave sucrière et noisette, jusqu’à 2033 (durée d’autorisation européenne). WikipédiaCNEWS+3Public Sénat+3Wikipédia+3
  • Justifications officielles
    • Les filières affirment ne pas disposer d’alternatives chimiques aussi efficaces contre certains ravageurs (pucerons vecteurs, mouches). Terre-NetUFS
    • L’EFSA maintient son autorisation jusqu’en 2033, tout en recommandant une baisse des limites maximales de résidus (LMR) pour fruits et légumes. Linternaute.com+10Agro Matin+10Coordination Rurale (CR)+10
  • Opposition

🗂️ En synthèse – tableau

CultureSituation actuelle en France
Betterave sucrièreRéintroduite début 2025 via loi Duplomb ; usage pour puceron vecteur
NoisetteDérogation déjà existante, prolongée avec loi Duplomb
FiguierDérogation initiale jusqu’en 2020, prolongée avec réintroduction
Navet / BrassicacéesDérogation jusqu’en 2020, potentiellement ré-autorisée
CerisierAntérieurement utilisé, visiblement inclus dans réintroduction

✅ Conclusion

L’acétamipride est désormais autorisé en France (2025–2033) de façon très ciblée : principalement sur betterave sucrière et noisette, avec possibilité étendue aux figuier, navet/Brassicacées et cerisier – là où les filières agricoles estiment ne pas disposer d’alternatives efficaces.

Souhaites-tu que je t’aide à trouver des alternatives spécifiques pour ces cultures (biocontrôle, produits « soft ») ? Ou un décodage des changements réglementaires (tableau des décrets, dates clés, LMR actualisées) ?

Tableau de production française de betteraves avant et après l’interdiction

Voici un tableau comparatif de la production de betteraves sucrières en France avant et après l’interdiction de l’acétamipride (2018 — réintroduction 2025) :

CampagneBetteraves récoltéesProduction de sucreSource
2019‑2020≈ 32,9 Mt≈ 4,9 Mtvirus jaunisse 2020‑21 sg-proxy02.maaf.ate.info+14Wikipédia+14La France Agricole+14
2020‑20213,445 Mt (‑31 %)virus jaunisse Wikipédia
2022‑202331,5 Mt4 MtCultures‑Sucre 2023 cultures-sucre.comgeoconfluences.ens-lyon.fr
2024‑202532,9 Mt4,58 MtAFP – Cultures‑Sucre Terre-Net

🧭 Analyse des tendances :

  • Avant 2018 (période non illustrée par ces chiffres mais stable autour de 30–33 Mt betteraves / 4–4,8 Mt sucre, cf. 2019/20).
  • Crise 2020‑2021 : chute drastique (-31 %) du sucre (~3,445 Mt) à cause du virus de la jaunisse (pucerons vecteurs) Wikipédia+15Wikipédia+15Cerfrance+15.
  • 2022‑2023 : retour à des niveaux normaux (~31,5 Mt récoltées, 4 Mt de sucre) après stabilisation agoterra.com.
  • 2024‑2025 : légère remontée à 4,58 Mt de sucre (avec 32,9 Mt betteraves) Terre-Net — proche des rendements de 2019‑2020.

🎯 En lien avec l’acétamipride :

  • 2018 : interdiction, suivie d’une recrudescence de la jaunisse en 2020 (virus), chute de production.
  • Dès 2025, la réautorisation sur betteraves vise à éviter une nouvelle crise liée aux pucerons vecteurs et stabiliser les rendements.

✅ Conclusion :

La production de betteraves sucrières en France est revenue à des niveaux confortables après la crise de 2020 (virus), culminant en 2024‑25 à 32,9 Mt de betteraves et 4,58 Mt de sucre. La réintroduction de l’acétamipride dès juillet 2025 s’inscrit dans une volonté de pérenniser ces résultats et d’éviter une nouvelle baisse majeure due aux ravageurs.

Utilise t’on l’acétamipride en curatif ou preventif

L’acétamipride est utilisé principalement en curatif, mais dans certaines filières on l’emploie aussi en préventif dans un cadre précis.


1. Usage curatif (le plus fréquent)

  • On applique l’acétamipride après l’apparition des ravageurs (pucerons, thrips, aleurodes, mouches de cerise).
  • C’est son usage principal, car il agit par contact et ingestion (effet systémique modéré) et tue rapidement les insectes qui se nourrissent de la plante.
  • Typiquement appliqué en pulvérisation foliaire dès qu’un seuil de population est atteint.

2. Usage préventif (plus rare et encadré)

  • Sur certaines cultures sensibles (comme betterave sucrière), il peut être appliqué juste avant ou au début de l’arrivée des pucerons vecteurs de virus (jaunisse), surtout si :
    • les conditions climatiques annoncent un risque élevé de vol de pucerons,
    • ou si les observations régionales (réseau de surveillance type ITB, Terres Inovia) indiquent des infestations imminentes.
  • Ce n’est pas une prophylaxie “à l’aveugle”, mais une application déclenchée par un avertissement agricole (BSV), car les réglementations imposent de limiter le nombre de traitements.

Pourquoi surtout curatif ?

  • Les règles européennes et françaises obligent à minimiser l’usage préventif des insecticides systémiques, car :
    • Risque pour les pollinisateurs si pulvérisé lors de floraison.
    • Développement rapide de résistances si utilisé trop tôt ou trop souvent.
    • Impact écologique plus important (contamination diffuse).

En résumé :

  • Curatif : usage standard, après détection du ravageur ou au seuil d’infestation.
  • Préventif ciblé : uniquement sur cultures à risque (betterave, noisette), sur alerte de réseau de surveillance, pour bloquer les vecteurs de maladies.
  • Jamais en prophylaxie systématique (interdit par la réglementation européenne et les chartes de bonnes pratiques).

Quelles ont été les études menées depuis 2018 pour remplacer l’acétamipride et par qui ?

Voici un panorama des principales études menées depuis 2018 en France (et à l’international) visant à remplacer l’acétamipride, classées par type d’approche :


🔬 1. Rapports institutionnels sur alternatives

ANSES (2024–2025)

  • Analyse d’un large panel de cultures utilisant des néonicotinoïdes en France.
  • Elle conclut que dans 89 % des cas, les alternatives reposent sur d’autres substances actives, souvent les pyréthrinoïdes, tandis que dans 78 % des cas, au moins une alternative non‑chimique existe, mais leurs profils de risques restent mal documentés. PAN Europe+10Wikipédia+10The Straits Times+10BMJ+15anses.fr+15Wikipédia+15

⚙️ 2. Revue scientifique sur remplacement des néonics

ScienceDirect – “Alternatives to Neonicotinoids” (2019)

  • Évaluation comparative après l’interdiction de 5 molécules en France.
  • Conclusion : 96 % des usages néonics peuvent être remplacés par d’autres substances ou approches, mais certains ravageurs et cultures restent difficiles à contrôler. ScienceDirect

🧪 3. Études sur les perturbateurs moléculaires

Recherche PAN-Europe & Pesti-Gen (2025)

  • PAN-Europe dénonce la toxicité neurologique de l’acétamipride (Effets sur mémoire des abeilles et humain) et demande un test systématique de neurotoxicité pour toutes substances alternatives. ResearchGate+14PAN Europe+14Wikipédia+14
  • Le projet Pesti‑Gen (Janv. 2025) propose un outil IA (variational autoencoder) pour concevoir de nouveaux pesticides à faible toxicité environ-nementale et aquatique. arXiv

🛠️ 4. Études de terrain et tests agronomiques

  • Essais sur cultures sensibles (betterave, céréales, arboriculture) comparant les alternatives : résultats attendus dans rapports régionaux (Chambres d’agriculture, Terres Inovia), ODM… Indiquent une efficacité comparable des pyréthrinoïdes et biocontrôle, mais risques environnementaux persistants.
  • Les détails ne sont pas consolidés dans une seule publication, mais se trouvent dans les bulletins techniques et rapports internes disponibles auprès des organismes agricoles régionaux.

🧾 5. Synthèse des recherches et demandes citoyennes

  • Depuis 2024, plusieurs pétitions (1 M signatures en juillet 2025) et alertes (Guardian, BMJ) demandent le remplacement du néonicotinoïde par des approches durables et non-chimiques, croisant les données toxicologiques, sociétales et agronomiques. Wikipédia+3anses.fr+3EUR-Lex+3

📊 Tableau récapitulatif

SourceType d’étudeRésultats clés
ANSES 2024–25Rapport alternatives78 % de cas ont une alternative non-chimique, 89 % alternatives chimiques identifiées anses.fr+1ScienceDirect+1
ScienceDirect 2019Revue alternatives néonics96 % des usages remplaçables, certains restent complexes ScienceDirect
PAN‑EuropeÉtudes toxicologie / lobbyingDemande de tests neurotoxicité généralisés, effets sublétaux reconnus PAN Europe
Pesti‑Gen 2025IA pour molécules plus sûresGénération de candidats pesticides avec 68 % de viabilité structurale arXiv
Pétitions & presseMobilisation citoyenne et médiatiquePressions vers alternatives durables, sensibilité environnementale élevée The GuardianBMJ

Pour approfondir :

Voici un aperçu localisé et actualisé des essais agronomiques menés en France depuis 2018 pour remplacer l’acétamipride, notamment sur betterave sucrière et autres grandes cultures :


🧪 1. Institut Technique de la Betterave (ITB)

  • PNRI 2021–2024 (Programme National de Réduction des Intrants) :
    L’ITB a testé diverses alternatives (biocontrôle, variétés tolérantes, outils de surveillance) afin de réduire les pucerons vecteurs comparé à un traitement témoin sans insecticide Terre-Net+12itbfr.org+12Public Sénat+12Wikipédia+2itbfr.org+2Agro Matin+2.
    • Les données montrent une forte réduction (> 70 %) de l’abondance des pucerons grâce aux méthodes combinées (variétés tolérantes + interventions ciblées).
  • Surveillance agro-climatique & essais variétaux :
    Depuis 2019, l’ITB incorpore dans ses essais des variétés de betterave sélectionnées pour leur robustesse face aux puceronsitbfr.orgitbfr.orgPhyteis+1Wikipédia+1.
    L’objectif : limiter l’utilisation d’insecticides et renforcer la tolérance naturelle.
  • Préparation à l’ère post‑Duplomb :
    Après la réautorisation en juillet 2025, l’ITB prévoit des essais spécifiques en France dès 2026 pour calibrer les recommandations (dose, timing, molécules disponibles) selon le climat, le sol et la pression insecticide locaux itbfr.org+14itbfr.org+14Le Point.fr+14.

🧠 2. Terres Inovia & autres instituts

  • PhytEIS (2024) signale une rotation vers variétés tolérantes & phéromones perturbatricesPhyteis, considérées prometteuses pour réduire les interventions chimiques.
  • Agro-Matin / Agri‑Matin (2025) conseille une stratégie biocontrôle intégrée, combinant surveillance, variétés adaptatives, et lâchers d’auxiliaires, avec des résultats encourageants mais nécessitant ajustements logistiques Wikipédia+15Agro Matin+15anses.fr+15.

📋 3. ANSES – Évaluation via cas d’usage

  • Parmi 154 cas analysés, la betterave figure dans 8 scenarios sans alternative non‑chimique suffisante Wikipédia+3anses.fr+3Le Monde.fr+3.
    • Les alternatives testées comprennent principalement pyréthrinoïdes et biocontrôle, mais nécessitent plusieurs substances distinctes pour un coverage complet des ravageurs.

🧭 4. Perspectives & prochaines étapes

✅ Résultats clés :

  • Des méthodes combinées (variétés tolérantes, monitoring, auxiliaires) ont montré une réduction effective des pucerons ;
  • L’ITB prévoit de calibrer les molécules réautorisées (acé, flupyradi­furone) selon les conditions françaises dès la campagne 2026 ;
  • Les alternatives non‑chimiques sont jugées encore insuffisantes en standalone, selon ANSES.

🔜 En pratique :

  • Campagne 2025 → cadre réglementaire Duplomb ;
  • Campagne 2026 → débuts des essais terrain en France ;
  • Campagnes suivantes → diffusion de recommandations ITB/Terres Inovia selon scénario (curatif, préventif, biocontrôle mixte).

📌 En résumé

Institut / ProjetApprocheStatut & résultats
ITBBiocontrôle + variétés tolérantesRéduction de > 70 % pucerons (2021–24) anses.fr+1Public Sénat+1Wikipédia+2Phyteis+2Terre-Net+2itbfr.orgRTBF+5Public Sénat+5Le Point.fr+5itbfr.org
Terres Inovia / PhytEISPerturbation comportementale, surveillanceEn cours, pragmatique PhyteisAgro Matin
ANSESÉtude de cas d’alternativesBetterave sans alternative non‑chimique → recours à combinaisons anses.fr

Qu’a-t-il fallu pour unir les électeurs français divisés ? Un produit chimique toxique et détesté.

Alexandre Hurst

Alexandre Hurst

Une pétition étudiante contre un projet de loi visant à réintroduire un insecticide interdit se propage comme une traînée de poudre. Le gouvernement l’écoutera-t-il ?Lun. 21 juil. 2025 15h59 CESTPartager

UNUn million de signatures de pétition en dix jours ? Cela devrait indiquer à un gouvernement qu’un nombre considérable de citoyens sont mécontents de ce qu’il vient de faire, mais aussi qu’ils croient encore en leur démocratie et en sa capacité à rectifier le tir.

Sous la pression des syndicats d’agriculteurs et du lobby agricole, le Parlement français a adopté le 8 juillet la loi Duplomb , qui contient de nombreuses mesures visant à stimuler l’agriculture industrielle à grande échelle, notamment la réautorisation d’un insecticide jusqu’alors interdit, l’acétamipride. Les betteraviers, en particulier, affirment n’avoir aucune autre solution pour lutter contre les ravageurs. Cependant, un consensus scientifique croissant existe autour de l’acétamipride (suffisamment, il faut le souligner, pour que son utilisation soit interdite en France depuis 2018) : il est lié à des effets très négatifs sur les populations d’abeilles et, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, pourrait avoir un impact négatif sur l’apprentissage et la mémoire chez l’homme. Des études montrent également que toute la classe de produits chimiques à laquelle appartient l’acétamipride, les néonicotinoïdes, pourrait provoquer des malformations congénitales et réduire la fertilité masculine.

Lorsque la loi a été adoptée, Fleur Breteau, survivante du cancer et militante, n’a pas pu se contenir. « Vous êtes du côté du cancer et nous veillerons à ce que tout le monde le sache ! » a-t-elle crié à l’assemblée législative depuis un balcon. Eh bien, le message est bel et bien passé. Dimanche soir, une pétition publiée par un étudiant de 23 ans appelant le gouvernement à reconsidérer cette loi controversée avait franchi le cap du million de signatures et ne montre aucun signe de ralentissement. Au moment où nous écrivons ces lignes, elle en compte 1,3 million, soit bien plus que les 500 000 signatures qui permettent au Parlement de soumettre la pétition au débat, et de loin le plus grand nombre de signatures depuis la création du site officiel des pétitions en 2019.

Il existe de vastes raisons macroéconomiques pour lesquelles la loi Duplomb n’aurait jamais dû être adoptée. À l’heure où l’Europe pourrait vanter la supériorité de son agriculture et accélérer sa transition vers une agriculture durable et régénératrice, cette loi constitue, de manière générale, un énorme pas dans la mauvaise direction. Ce n’est pas que les agriculteurs n’ont pas besoin d’aide, c’est qu’ils ont besoin d’aide pour passer à une agriculture régénératrice . Cela implique une série de pratiques (moins de labourage, utilisation réduite d’engrais chimiques et de pesticides, cultures de couverture, pâturage tournant et engrais naturels) susceptibles d’accroître la biodiversité et de restaurer la santé des sols, les aidant ainsi à retenir davantage d’eau et à devenir des puits de carbone. Selon Rattan Lal, directeur du Centre de gestion et de séquestration du carbone de l’Université d’État de l’Ohio, l’agriculture régénératrice à l’échelle mondiale pourrait permettre aux sols de prélever entre 1 et 3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone de l’atmosphère chaque année. En d’autres termes, changer notre façon de cultiver pourrait réduire jusqu’à 8 % des émissions annuelles à l’échelle mondiale (soit près de trois fois l’impact de l’élimination totale de l’aviation).

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Il y a ensuite la cause spécifique du tollé contre la loi Duplomb : l’acétamipride. Je trouve curieux de voir quels problèmes semblent prendre le dessus, et il n’est pas surprenant que l’alimentation et la santé en soient le terrain privilégié. Ces deux enjeux sont tangibles au quotidien, sans être trop complexes à appréhender. Peut-être notre cerveau est-il simplement plus à même de gérer la menace que représente l’introduction d’un produit chimique dangereux dans le système alimentaire que les menaces systémiques et leurs répercussions sur le climat et les écosystèmes. C’est ce qui est instructif dans la réaction à la loi Duplomb, et ce qu’elle signifie hors de France .

Ce n’est un secret pour personne que la confiance en la démocratie s’effondre presque partout. Mais la France a connu un déclin particulièrement marqué, les électeurs français exprimant une désaffection bien plus marquée que leurs voisins allemands et italiens. Dans ce contexte, l’institut de recherche Destin Commun suggère que l’environnement pourrait bien être un enjeu fédérateur pour les électeurs français – un projet générationnel et civilisationnel susceptible de susciter un sentiment d’appartenance nationale. Dans son dernier rapport , Destin Commun révèle que 87 % des Français sont préoccupés par la crise climatique et la dégradation de l’environnement, et que les électeurs français classent l’environnement comme un enjeu politique plus important que l’insécurité, les retraites, l’immigration ou les inégalités.

Le gouvernement français a ici une opportunité. Non seulement de faire ce qui est juste, mais aussi de montrer aux électeurs que la démocratie fonctionne, que le militantisme porte ses fruits, que les voix les plus jeunes peuvent être parmi les plus fortes. Il pourrait saisir l’occasion pour se retourner et dire, comme Charles de Gaulle l’a fait autrefois : « Je vous ai compris ! »

  • Alexander Hurst est chroniqueur au Guardian Europe

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