L’En et le Trocan

A 11:00

Si on part sur l’hypothèse que « trocan » est un mot ancien, on tombe assez vite sur un terme voisin dans le vocabulaire technique et ancien français : « trochon / trocant / trocanter », qui renvoient à des idées de pivot ou point d’appui rotatif.


📜 Références linguistiques

  • Dictionnaire de Godefroy (Dictionnaire de l’ancienne langue française), t. 8, p. 551, mentionne des formes comme troch, trochon, trochant, liées au latin trochus (« roue », « cercle ») et au grec τροχός (trochos, « roue »).
  • On retrouve aussi la racine dans trochanter (en anatomie, partie du fémur servant de pivot pour l’articulation de la hanche).
  • Dans certains patois occitans et provençaux, trocan ou troquand désignait un moyeu, un pivot, parfois même le point d’articulation d’un outil ou d’un meuble.

💡 Sens métaphorique

En contexte oratoire, employer « trocan » au sens ancien reviendrait à dire :

le point de rotation, de bascule, de transmission de la force
c’est-à-dire un appui stratégique autour duquel tout peut tourner ou se mouvoir.



Fiche lexicale : « Trocan »

1. Origine et étymologie

  • Racine latine : trochus (« roue », « cercle »)
  • Origine grecque : τροχός (trochos, « roue », « disque tournant »)
  • Passage par le vieux français (troch, trochon) puis des variantes régionales (trocan, troquant).
  • La racine a aussi donné trochanter en anatomie (saillie osseuse servant de pivot à la hanche).

2. Sens anciens

📜 Ancien français et patois régionaux :

  • Pivot : pièce autour de laquelle un élément tourne.
  • Moyeu : centre d’une roue ou d’un mécanisme circulaire.
  • Point d’appui mobile : base permettant la rotation ou la transmission de force.
  • Par extension : un élément central autour duquel tout s’organise.

📚 Sources :

  • Dictionnaire de Godefroy, Ancienne langue française, t. 8, p. 551 (entrée “trochon / trochant” – formes proches).
  • Glossaires occitans et provençaux (XIXᵉ s.) où trocan désigne un axe pivotant ou moyeu.

3. Emploi figuré

  • Ancien usage rhétorique : désigner le centre stratégique, le levier ou point de bascule dans un rapport de forces.
  • Dans un discours politique : peut symboliser le point clé qui permet d’actionner un changement.

4. Compréhension dans le discours de JLM

Si Mélenchon dit quelque chose comme « qui fortifie l’en et le trocan », on peut comprendre :

  • L’en → l’intérieur, la force morale ou l’âme collective.
  • Trocan → le pivot, la base matérielle ou stratégique sur laquelle on peut s’appuyer pour agir.

Cela revient à dire :

Renforcer à la fois la conviction intérieure et la base pivot qui permet le mouvement ou l’action.


💡 Note : Ce genre de vocabulaire ancien ou régional n’est pas rare chez Mélenchon, qui aime puiser dans le patrimoine linguistique français et méditerranéen pour donner plus de densité à ses images.

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