MMA : le retour du réel

Introduction

Pendant des décennies, nos sociétés ont cherché à nous protéger de tout : du froid, de la fatigue, du danger, de la confrontation physique. Le progrès était censé nous libérer de l’effort et du risque.

Et pourtant, partout dans le monde, des millions de personnes se pressent dans les salles de MMA, de boxe, de jiu-jitsu ou de sports de combat.

Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes. Des cadres, des ouvriers, des étudiants, des infirmières.

Pourquoi choisir volontairement une activité où l’on transpire, où l’on tombe, où l’on perd, où l’on encaisse parfois des coups ?

Parce qu’au fond, le MMA ne parle pas de violence.

Il parle de réalité.

Le MMA, nouveau rite de passage ?

Pendant des millénaires, les êtres humains ont vécu dans des environnements exigeants.

La survie nécessitait du courage, de l’endurance et de la solidarité. Les hommes comme les femmes étaient confrontés à des difficultés concrètes qui forgeaient le caractère.

Aujourd’hui, une grande partie de notre vie se déroule derrière des écrans. Nous pouvons travailler, communiquer, nous divertir et même nous disputer sans quitter notre fauteuil.

Le MMA réintroduit quelque chose que notre monde moderne tend à faire disparaître : la confrontation directe avec ses limites.

Dans une cage ou sur un tapis, aucun algorithme ne peut vous sauver.

Votre niveau est exactement celui que vous avez construit.

Ni plus.

Ni moins.

Une affaire de masculinité ?

Beaucoup voient dans le MMA un symbole de masculinité.

Il est vrai que ce sport mobilise des qualités traditionnellement associées au masculin : courage, force physique, résistance à l’effort, maîtrise de soi face au danger.

Mais cette lecture est incomplète.

Si le MMA n’était qu’une affaire de masculinité, comment expliquer la progression spectaculaire du nombre de femmes pratiquantes ?

Pourquoi des championnes remplissent-elles aujourd’hui les salles et attirent-elles des millions de spectateurs ?

Parce que ce que recherchent les pratiquants n’est pas la masculinité.

C’est la compétence.

La capacité à faire face.

La confiance en soi.

Le sentiment d’être capable d’agir plutôt que de subir.

Ce que cherchent les femmes

Les femmes qui pratiquent le MMA ne cherchent généralement pas à devenir des hommes.

Elles cherchent à devenir plus fortes, plus confiantes, plus autonomes.

Elles découvrent qu’elles peuvent se défendre, gérer leur peur, développer leur condition physique et s’imposer dans un environnement exigeant.

Le MMA leur offre quelque chose que notre société distribue rarement : la certitude intime de leur propre puissance.

Cette recherche n’est pas différente de celle des hommes.

Elle est profondément humaine.

Le besoin d’épreuve

Le succès du MMA révèle peut-être quelque chose de plus profond.

L’être humain a besoin d’épreuves.

Il a besoin de situations où le résultat dépend de son engagement personnel.

Il a besoin de défis qui ne peuvent être ni achetés, ni simulés, ni maquillés.

Dans une époque où l’image compte souvent davantage que la réalité, le combat possède une brutalité honnête.

Sur le tapis, les excuses n’ont pas beaucoup de valeur.

Seuls comptent le travail, l’apprentissage et la persévérance.

Conclusion

Le MMA n’est pas le symbole d’une masculinité triomphante.

Il est le symptôme d’un manque.

Le manque de réel.

Le manque d’épreuves.

Le manque de situations où l’être humain découvre ce qu’il est réellement capable d’accomplir.

Si le MMA attire aujourd’hui autant d’hommes et de femmes, ce n’est peut-être pas parce qu’ils aiment la violence.

C’est peut-être parce que, dans un monde de plus en plus virtuel, ils cherchent désespérément quelque chose d’authentique.

Et il n’existe rien de plus authentique que la vérité d’un corps confronté à ses limites.

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