REDEVANCE MOBILITÉ : ET SI CHACUN PARTICIPAIT À LA LIBERTÉ DE SE DÉPLACER ?
Introduction
Nous avons tous intégré une idée qui paraît naturelle : posséder une voiture serait un droit individuel dont le coût ne concernerait que son propriétaire.
Pourtant, la réalité est bien différente.
Chaque véhicule utilise des infrastructures financées collectivement : routes, ponts, signalisation, parkings publics, sécurité routière, interventions des secours, entretien du réseau. À cela s’ajoutent les investissements nécessaires pour développer les transports collectifs, les pistes cyclables ou les solutions de mobilité destinées aux personnes âgées et aux habitants des zones rurales.
La question n’est donc pas de savoir si la mobilité a un coût. Elle en a un. La véritable question est : comment répartir ce coût de manière juste ?
Et si nous imaginions une redevance mobilité inspirée de l’ancienne redevance audiovisuelle, mais adaptée aux enjeux du XXIe siècle ?

La mobilité : un bien commun oublié
On présente souvent la voiture comme un choix individuel.
Pourtant, sans investissements publics massifs, aucune voiture ne pourrait circuler.
Les routes départementales, nationales et communales représentent des centaines de milliers de kilomètres d’infrastructures entretenues grâce à l’argent public.
À cela s’ajoutent :
- l’éclairage public ;
- la signalisation ;
- les aménagements de sécurité ;
- les services de secours ;
- les investissements ferroviaires ;
- les transports scolaires ;
- les réseaux de bus.
La mobilité est donc un bien commun.
Or aujourd’hui, son financement repose principalement sur les carburants, les impôts généraux et l’endettement public.
Une redevance inspirée du principe de solidarité
L’idée serait simple.
Tout propriétaire d’un véhicule contribuerait à un fonds national ou local consacré exclusivement à la mobilité.
Mais contrairement à une taxe uniforme, cette contribution serait progressive.
Le principe pourrait être le suivant :
- petit véhicule : faible contribution ;
- véhicule puissant ou très lourd : contribution plus élevée ;
- revenus modestes : exonération ou réduction ;
- habitants des territoires ruraux : prise en compte de leur dépendance à l’automobile.
Autrement dit : faire contribuer davantage ceux qui ont davantage de moyens, tout en protégeant ceux pour qui la voiture est une nécessité quotidienne.
Un système plus juste que les taxes sur les carburants
Aujourd’hui, lorsqu’un litre d’essence augmente, tout le monde paie davantage.
Le salarié qui gagne 1 400 euros par mois et le cadre supérieur qui gagne 6 000 euros subissent exactement la même hausse.
Cette logique est profondément injuste.
Une redevance calculée selon la puissance du véhicule et le revenu du foyer permettrait au contraire une contribution proportionnée aux capacités réelles de chacun.
Le propriétaire d’une petite citadine utilisée pour aller travailler ne serait plus traité de la même manière que le propriétaire d’un SUV haut de gamme de plusieurs centaines de chevaux.
Financer les mobilités de demain
Une telle redevance pourrait financer :
- la rénovation des routes ;
- les transports scolaires ;
- les lignes ferroviaires locales ;
- les transports à la demande ;
- les infrastructures cyclables ;
- les solutions de mobilité pour les personnes âgées ;
- les bornes de recharge ;
- les services de covoiturage.
L’argent prélevé ne disparaîtrait pas dans le budget général de l’État.
Il reviendrait directement à la mobilité.
C’est une différence fondamentale.
Une mesure écologique sans punition sociale
Depuis plusieurs années, la transition écologique est souvent vécue comme une succession d’interdictions et de sanctions.
Pourtant, l’écologie n’a de sens que si elle est socialement acceptable.
Une redevance mobilité progressive permettrait d’envoyer un signal écologique sans pénaliser les ménages modestes.
Elle encouragerait naturellement des véhicules moins lourds, moins énergivores et plus adaptés aux usages réels, sans pour autant priver qui que ce soit de son droit à se déplacer.
Conclusion
La mobilité est devenue l’un des grands défis du XXIe siècle.
Nous devons entretenir nos routes, développer les transports collectifs, répondre au vieillissement de la population et préparer la transition énergétique.
La question n’est pas de savoir qui doit payer.
La question est de savoir comment chacun peut contribuer équitablement à un service dont tout le monde bénéficie.
Une redevance mobilité progressive ne serait pas une taxe de plus.
Elle serait la reconnaissance d’une réalité simple : la liberté de circuler n’existe que parce qu’une collectivité tout entière la rend possible.
Et lorsqu’un bien est commun, son financement doit l’être aussi.















